danseuse floue photographie de Guillaume Dopus

Marie-pierre Jaux, danseuse et pédagogue, amoureuse du mouvement et de la poétique de l’effacement : « J’aime les vacillements de la figure dansante, donner à d’autres corps les moyens de se ressourcer et à l’esprit une attention ludique invitant au merveilleux de l’instant ».

Presque transparente, invisible, je danse en effaçant ma danse. Comme l’oiseau efface ses traces dans le ciel à mesure qu’il les inscrit. J’accomplis le désir exprimé par Henri Michaux « pur, fort, originel désir, celui, fondamental de ne pas laisser de trace ».

Dans ce sens, l’envie d’effacer par la danse les préjugés sur soi, sur les autres m’anime avec intérêt. Je porte une attention à chacun pour l’accompagner plus loin dans la perception de sa réalité. Ceci m’invite à défendre sous des formes originales, l’inscription du corps dans l’espace intime et social.

A la croisée des chemins et dans des univers parfois éloignés du mien, je propose les mécanismes du corps comme vecteurs pour dynamiser une équipe, stimuler une attitude positive, l’enthousiasme, la créativité, améliorer la communication... Ces expériences en mouvement favorisent les échanges et la cohésion de groupe ainsi que la disponibilité physique et mentale au sein d’une équipe de travail.

Jour après jour, ces accompagnements s’auréolent d’une incontestable valeur à mes yeux. Baignant dans cet art depuis toujours, cet intérêt pourrait ne demeurer que normal. Je veux pourtant croire à une plus large portée, essentielle et universelle de celui-ci à travers ce qu’il expose comme élément principal « le corps ».

Expliquer, transmettre, nécessite aussi des mots. Des mots que j’aime partager en rencontres et médiation culturelle et qui se traduisent dans un besoin d’écriture, comme une manière de donner à « entendre » l’exigence d’un travail et de sa réflexion.